Ce que Facebook fait subir à une image
Une image publiée sur Facebook n'est pas celle que l'auteur a sélectionnée. Elle est redimensionnée pour s'adapter aux dimensions de la plateforme, ré-encodée avec ses propres paramètres de compression, et dépouillée des métadonnées que portait le fichier d'origine.
Ces trois éléments ont ici leur importance. Le redimensionnement élimine des détails de pixels, le ré-encodage remplace l'empreinte de compression d'origine par celle de Facebook, et la suppression des métadonnées efface tout Content Credential qui aurait pu régler la question en une seule étape.
En pratique, chaque image de la plateforme se trouve poussée légèrement vers le milieu de l'échelle. Les photographies authentiques obtiennent un score plus élevé que leurs originaux, et les images générées obtiennent un score plus bas, ce qui réduit l'écart entre elles.
Il ne s'agit pas d'un dysfonctionnement de Facebook. La recompression est ce qui permet à un site hébergeant des milliards d'images de se charger rapidement, et la suppression des métadonnées est une protection de la vie privée qui élimine les données de localisation que la plupart des gens ne souhaitent pas rendre publiques. C'est simplement un coût à payer pour la vérification.
Obtenir la meilleure copie disponible
-
Ouvrez la photo elle-même, et non la publication
Cliquez sur l'image pour qu'elle occupe tout l'écran. La version affichée dans le fil d'actualité est un aperçu plus petit que celle chargée par la visionneuse.
-
Enregistrez le fichier image
Faites un clic droit et enregistrez, ou utilisez l'option de téléchargement si la publication le permet. Vous obtenez ainsi la copie stockée par Facebook plutôt qu'un nouveau rendu de votre propre écran.
-
Ne faites pas de capture d'écran
Une capture d'écran ré-encode l'image une seconde fois en utilisant les paramètres de votre propre appareil, en plus de ce que la plateforme a déjà fait.
-
Cherchez l'original ailleurs
Si la même image apparaît sur un site personnel, une page d'actualités ou le portfolio d'un photographe, cette copie a généralement subi moins de traitements.
-
Lancez ensuite la vérification
Glissez le fichier enregistré et lisez à la fois le score et la carte de régions.
Les deux lignes du bas sont celles qui génèrent de fausses alertes. Une image qui a subi des captures d'écran et a été repartagée deux fois peut franchir la ligne de décision tout en étant une photographie tout à fait ordinaire, et le score mesure alors le parcours plutôt que l'origine.
Interprétation du résultat sur une image provenant d'une plateforme
Ajustez vos attentes plutôt que vos conclusions. Sur un fichier ayant transité par une plateforme sociale, considérez le milieu de l'échelle comme véritablement non informatif plutôt que comme un signal faible dans un sens ou dans l'autre.
Les deux extrémités conservent leur signification. Un score inférieur à vingt sur un fichier recompressé constitue une preuve solide qu'il s'agit d'une photo, car la compression fait monter les scores, ce qui n'a pas été le cas ici. Un score supérieur à quatre-vingt-cinq a survécu à un processus qui lui est défavorable, ce qui le rend encore plus significatif, et non l'inverse.
La carte de régions résiste mieux ici que le chiffre global, car un remplacement localisé le reste malgré la recompression, même si les valeurs absolues dérivent. Une zone se détachant nettement de ses voisines constitue toujours un constat probant sur un fichier dégradé.
| Score | Sur un original | Sur une copie de plateforme |
|---|---|---|
| Moins de 20 | Photographie | Photographie, avec plus de certitude |
| De 20 à 45 | Photographie | Probablement une photographie |
| De 45 à 65 | Incertain | Non informatif, demandez l'original |
| De 65 à 85 | Probablement généré | Incertain, procurez-vous une meilleure copie |
| Plus de 85 | Généré | Généré, avec plus de certitude |
Les vérifications fournies par Facebook lui-même
La plateforme apporte un contexte qu'un détecteur ne peut deviner : la date de publication, l'historique du compte, la présence éventuelle de la même image sur d'autres pages, et le fait que la plateforme ait étiqueté ou non l'image comme générée par IA.
Il est utile de comprendre le fonctionnement de ces étiquettes. Lorsqu'un générateur intègre un marqueur que la plateforme sait lire, une étiquette peut apparaître automatiquement, constituant alors un signal positif fort. Son absence ne prouve rien, car la plupart des images arrivent sans aucun marqueur.
L'historique des publications est la vérification que les gens négligent à tort. Une photo publiée il y a trois ans, accompagnée de commentaires de personnes qui y étaient, se trouve corroborée d'une manière qu'aucun análisis de pixels ne peut égaler. Une photo publiée il y a une heure par un compte créé la semaine dernière ne l'est pas.
Lorsque la photo représente une personne que vous connaissez
La raison la plus fréquente pour laquelle on vérifie une photo Facebook est qu'elle montre une personne que l'on reconnait en train de faire quelque chose qui semble hors de son personnage habituel. Dans ce cas, il faut se fier à la carte de régions plutôt qu'au score, car le cadre est majoritairement constitué d'une vraie photo.
Il faut également faire preuve de retenue. Un score élevé sur la photo d'une personne identifiée ne doit pas être publié dans les commentaires. C'est une raison pour interroger la personne, ou pour signaler la publication, et pour garder sa conclusion pour soi jusqu'à ce qu'une personne disposant de plus d'informations ait examiné le cas.
Groupes, Marketplace et publications partagées
Le contexte entourant une image Facebook modifie la valeur de la vérification. Une photo publiée dans un groupe communautaire par un membre ayant un historique ne se situe pas sur le même plan probant qu'une photo provenant d'une annonce sur Marketplace par un compte sans aucun avis.
C'est sur Marketplace qu'une vérification a le plus de valeur. Les photos d'annonces sont fréquemment empruntées ailleurs, et une image de produit générée est désormais suffisamment bon marché pour apparaître dans des annonces concernant des biens qui n'existent pas. Lancez la vérification, puis effectuez une recherche d'image inversée, car le cas de la photo volée est plus fréquent que celui de la photo générée.
Les publications partagées constituent le cas le plus fragile de tous. Chaque partage offre une nouvelle occasion pour que l'image fasse l'objet d'une capture d'écran, d'un recadrage ou d'un nouveau téléchargement, si bien qu'au troisième relais, vous analysez une copie qui n'a plus grand-chose à voir au niveau des pixels avec ce qui a été publié à l'origine.
Lorsqu'une publication a beaucoup circulé, la démarche utile consiste à retrouver la version la plus ancienne plutôt que d'analyser celle qui se trouve sous vos yeux. Une recherche d'image inversée permet généralement de la retrouver, et l'original offrira une lecture bien plus fiable.